FEQ : Def Leppard à l’épreuve de la pluie
« Êtes-vous prêts à vous faire brasser? », a demandé le chanteur Joe Elliot, en début de spectacle dimanche, alors que la formation hard rock britannique Def Leppard prenait possession des plaines d'Abraham, au quatrième jour du Festival d'été. La réponse positive des dizaines de milliers de festivaliers, qui ont bravé un deuxième ciel menaçant en 24 heures, n'a pas tardé à se faire entendre. Bienvenue à Québec Rock City! Ils étaient des dizaines de milliers à avoir revêtu leur imperméable et à avoir pris place sur le site des plaines d'Abraham pour venir assister au spectacle des Britanniques, qui ont ouvert leur programme attendu avec le doublé Rock! Rock! (Till You Drop) et Rocket, appuyés par du visuel spatial. C'est là que le chanteur Joe Elliot, arborant un veston à paillettes noir, a salué la foule et s'est enquis de son état, avant d'espérer à voix haute que la pluie reste au loin. Son souhait n'a été réalisé qu'en partie, le ciel n'ayant pas tenu jusqu'à la fin de la soirée, mais qu'à cela ne tienne! Le rendez-vous avec les festivaliers de Québec aurait tout de même eu lieu! Le public des Plaines a fait fi de la météo afin d'assister aux spectacles d'April Wine, d'Extreme et de Def Leppard. Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc Prêts pour cette déferlante rock, ces derniers n'ont pas manqué de manifester leur joie, alors que le groupe entamait l'incontournable hymne rock Let's Get Rocked, puis Foolin', un titre de l'album Pyromania (1983) qu'il avait également interprété lors de sa dernière tournée canadienne, il y a... 42 ans! Moment fort de la soirée, la séquence suivante a vu Def Leppard enchaîner des succès tels que Armageddon It, Animal, qui en déménageait un coup, puis la populaire et sensuelle balade Love Bites, suivie de la percussive Just Like '73, récente collaboration avec Tom Morello. Les guitaristes de la formation Phil Collen (guitare, voix), avec sa guitare pompeuse, et Vivian Campbell (guitare, voix), en soutien, se sont particulièrement illustré sur Let It Go et Die Hard the Hunter, où l'on a pu apprécier leurs rôles complémentaires. Le seul hic, c'est qu'il est arrivé qu'on perde la voix du chanteur Joe Elliot, à laquelle on avait ajouté beaucoup d'écho, dans ce magma sonore de guitare hurlantes, de batterie et de basse. On l'a fort heureusement retrouvée dans The Guitar, pièce acoustique de tempo moyen, où Elliot, en plus de chanter, joue lui-même de la six cordes. Bien que le moment fut agréable, il a été combiné avec l'apparition d'une pluie assez soutenue, qui menaçait de revenir depuis la fin de l'après-midi. Avec ce programme presque infaillible, le rock de Def Leppard s'est montré à l'épreuve de la pluie. Le groupe a traversé sa proposition musicale avec beaucoup d'aplomb et encore plus de hits, tels que Two Steps Behind, Bringin' On the Heartbreak, Hysteria et Pour Some Sugar on Me, les deux dernières au rappel. Assister à une performance d’Extreme, c’est être propulsé à l’époque du hard rock, à quelque part au milieu de la décennie 80, où le guitariste soliste était roi et ses nombreuses improvisations, le moment fort de chaque chanson. Le charismatique guitariste virtuose d'Exteme Nuno Bettencourt Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc La formation de Boston, qui a été fondée au pic de cette ère, ne fait pas exception à la règle. Son guitariste Nuno Bettencourt, à la fois charismatique et virtuose, se veut le cœur et l’âme du quatuor. Un quatuor qui perpétue l’esthétique hard rock, faisant une généreuse utilisation de vêtements moulants, de bandanas, de protège-poignets, de plumes et de lunettes fumées… même à la tombée du jour! Il en va de même sur scène, où du visuel recrée les affiches en néon des allées de bars de danseuses. Le chanteur d'Extreme Gary Cherone en prestation au Festival d'été de Québec Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc Quant à sa musique, assurément ancrée dans ce mouvement, elle demeure intéressante de par les prouesses instrumentales de Bettencourt. Sa seule présence dimanche tenait du miracle, lui qui jouait la veille avec Black Sabbath à Birmingham, au Royaume-Uni. Après une enfilade de quelques titres plus musclés comme It (It’s a Monster), en ouverture, ou encore Decadence Dance, Rebel, Am I Ever Gonna Change et Play With Me, le groupe a proposé une version revisitée et plus sautillante de son succès pop-rock Hole Hearted, qui semblait davantage connue des festivaliers. Le chanteur Gary Cherone en a d'ailleurs profité pour rappeler aux spectateurs, qui avaient peine à reprendre en chœur les paroles de la chanson, qu'Extreme avait obtenu son premier disque d'or au Canada. Le chanteur d'Exteme Gary Cherone incarne parfaitement l'esthétique hard rock. Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc Sur cette chanson, on a pu apprécier encore une fois la polyvalence du jeu de Nuno Bettencourt, qui abandonnait la six cordes électrique pour sa superbe 12 cordes acoustique Washburn, avant de s'illustrer à nouveau, par la suite, sur l'instrumentale Midnight Express. Bettencourt qui portait une attèle à son genou droit dimanche, qu'il s'est blessé en jouant au basketball il y a deux ans, s'est assis pour jouer cette dernière pièce. Extreme en prestation au Festival d'été de Québec. Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc Puis vint le moment que la plupart attendaient, soit l'interprétation du mégasuccès More Than Words, pour laquelle Cherone s'est assis à ses côtés, mais le rendu de la chanson aura plutôt déçu avec son rythme trop lent et ses harmonies vocales mal synchronisées. Le doublé final Get the Funk Out et Rise, deux pièces qui déménagent, aura toutefois racheté ce rare bémol dans une prestation autrement sans anicroche. En début de soirée, les vieux routiers d’April Wine ont, avec leur bagage de cinq décennies, servi une leçon de rock aux Marc Parent et Brian Greenway, de la formation canadienne April Wine, en prestation au Festival d'été de Québec, le 6 juillet 2025. Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc Batterie tonitruante, guitares hurlantes et basse lourde à souhait: le groupe originaire d’Halifax, qui ne compte plus qu’un membre original en la personne du chanteur et guitariste Brian Greenway, a montré qu’il n’a rien perdu de son efficacité sur scène. Le chanteur et guitariste d'Extreme, Marc Parent Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc Apparus dans un nuage de fumée, les quatre musiciens ont ouvert la soirée avec Oowatanite, un titre datant des débuts du groupe, en 1975. La carte de visite a eu l’effet escompté, bien qu’on perdait la voix de Greenway placée bien loin dans la balance de son. Tout le long de la prestation, ce dernier a partagé l’avant-scène avec l’autre chanteur et guitariste du groupe, Marc Parent, un ajout récent originaire d’Aylmer (Gatineau), qui s’est adressé au public en français. Le chanteur et guitariste d'April Wine Brian Greenway Photo : Radio-Canada / Guillaume Tremblay-Leclerc La proposition d’April Wine s’est poursuivie avec un savant mélange de titres du groupe, dont Just Between You and Me, et de reprises, comme You Could've Been a Lady de Hot Chocolate, Sign of the Gypsy Queen de Lorence Hud et Bad Side of the Moon d’Elton John, qui n’avaient rien à envier aux versions originales. La prestation s'est conclue comme elle a débuté, en force, pour le plaisir des admirateurs de Def Leppard, qui découvraient la légendaire formation du rock canadien.
Guitaristes en évidence
Au revoir et à la prochaine fois, parce qu'il y aura une prochaine fois!
, a promis Joe Elliot. Faites-nous cette faveur : ne nous oubliez pas et nous ne vous oublierons pas. Bonne nuit!
a-t-il conclu avant de quitter la scène avec les autres musiciens.Extreme




April Wine, comme le bon vieux vin
petits jeunes
d’Extreme et de Def Leppard, qui allaient leur succéder sur scène avec leur proposition sans compromis.


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